lundi 25 juillet 2005
La guerre des mondes – Spielberg (2)
Par B.Gonzalez, lundi 25 juillet 2005 à 01:16 - Cinéma - Notes
Vision directe / Images secondaires :
Ce qui m’a frappé en retournant voir La Guerre des Mondes, c’est la forte présence de ce que j’appellerai les images de second niveau c’est-à-dire des images qui nous sont renvoyées par un système qui les reçoit d’abord et nous les restitue ensuite (à nous ou aux personnages). Ce système peut être l’écran de télévision, des miroirs en grand nombre, des vitres utilisées comme surfaces réfléchissantes, l’œil-caméra au bout de la longue tentacule du tripode … jusqu’au grand miroir dont Ray Ferrier se servira à la fois pour se cacher aux « yeux » du tripode, avec sa fille Rachel et leur compagnon, et aussi pour leurrer le tripode sur la réelle configuration de l’espace dans la cave.
C’est la télévision qui nous annonce la catastrophe qui advient en Europe avant de parvenir aux Etats-Unis. Les miroirs des rétroviseurs nous restituent souvent le réel à la place d’une vision directe ; par exemple lors du départ dans la voiture du client du voisin-garagiste auquel Ray prédit la mort s’il ne se joint pas à eux et dont nous verrons la mort-désintégration dans le rétroviseur de la voiture qui s’éloigne. C’est un camescope tombé à terre qui continue à nous restituer ses images. C’est encore sur les écrans de contrôle dans le mini-car de télévision qui stationne à coté de l’avion écrasé, que Ray découvre qu’il n’y a pas un seul mais une armée de tripodes. Images-reflets aussi telles que le visage perdu de Ray dans la vitre où est resté collée la tranche de pain après qu’il l’ait balancée; le visage épouvanté de Rachel à la surface du globe qui protège l’œil-caméra du tripode quand ils seront découverts dans la cave. Enfin le grand miroir utilisé par Ray pour leurrer le tripode sur leur présence et sur la configuration de la cave.
Certes nous voyons aujourd’hui le monde le plus souvent à travers des systèmes optiques : télévision, camescopes , appareils-photo, écrans de contrôle …
Au-delà de ce fait banal, l’accumulation d’images secondaires dans La Guerre des Mondes, dont le point culminant est le grand miroir qui servira de leurre, produit une réflexion sur la fabrication des images.
Les images peuvent mentir et tromper comme elles peuvent montrer la réalité telle qu’elle est, avant qu’elle ne nous tombe dessus.


