C’est surtout le public qui est victime de ce succès massif qui touche cette institution depuis qu’elle s’est installée à Bercy.
Cette année, j’hésitais à me réabonner étant donné que je ne pense pas avoir rentabilisé mon précédent abonnement et que je garde le sentiment de ne pas pouvoir toujours accéder à des séances qui m’intéressent, faute de place. Jeudi 2 novembre, j’avais prévu d’écouter la conférence du Collège que je suis depuis une dizaine d’années, avec plus ou moins d’assiduité. Arrivant juste à l’heure (un peu avant 19h), pas de place pour moi. Bon, alors je me ré-abonne ou je me ré-abonne pas ? Finalement je prolonge l’abonnement, pour un an donc.
Samedi 4 novembre, j’y retourne pour une « leçon de cinéma » avec Frederick Wiseman. Je me réjouissais de cette séance et de la rétrospective qui lui est consacrée. Je connais peu son cinéma. D’ailleurs le peu que j’en connais c’est grâce à la Cinémathèque (Chaillot). Mais cela m’intéresse. Et j’avais très envie de l’écouter : je m’interroge notamment sur sa position vis-vis de la question du commentaire (son absence) dans son travail et plus généralement sur sa position sur l’absence d’intervention du documentariste. Pour aller vite, sa position me paraît trop rigide pour être « honnête ». Enfin bref, j’avais très envie d’en savoir plus pour pouvoir y réfléchir. Et puis voir la personne, cela peut donner des indications aussi. Je souhaitais aussi le filmer. Pas forcément dans l’idée de réutiliser les images mais dans l’idée éventuelle de réutiliser la bande son, si jamais cela présentait un intérêt pour moi ; mais çà je ne sais jamais à l’avance si les gens vont dire des choses qui m’intéressent ou pas ; en tout cas j’aurais au moins pu étudier ses propos à loisir.
Malheureusement, bien qu’arrivée une demi-heure à l’avance j’apprends que c’est complet depuis dix minutes. La caissière me conseille de m’adresser à l’accueil, où on me renvoie sur la Responsable des Relations avec le Public qui est présente. Cette personne me demande si je suis journaliste. Je ne peux que lui répondre « non, je ne suis pas journaliste ». Il me vient néanmoins à l’idée de bredouiller « euh … je suis vidéaste amateur ». Mauvaise pioche ! Le vidéaste amateur n’est pas une catégorie autorisée à filmer à la Cinémathèque (cette deuxième déception fera l’objet d’une deuxième note).
Cette histoire de journaliste me rappelle Godard disant à Daney : « … Moi … j’aime mieux être cinéaste que journaliste … et dieu sait si j’ai rêvé d’être journaliste … ».
Mais revenons à nos moutons … En fait quand on fréquente le lieu, on sait et il est bien connu que des places, pour le copain ou la copine, il y en a toujours …
D’ailleurs, certains qui ont assisté à la conférence du 2 novembre, m’ont dit que finalement ils avaient laissé entrer et s’asseoir sur les marches, des gens, au delà du nombre de places de la salle. Pour Wiseman, on peut se demander comment les 4 caisses ont-elles pu délivrer les 400 places en 20 minutes ? et comment tout ce monde est entré si vite dans la salle Langlois, car il n’y avait personne dans le hall durant le quart d’heure où j’y étais ? … cela reste mystérieux pour moi (mais néanmoins possible, je suppose).
Finalement, le fait de ne pas avoir de place pour telle ou telle séance est anecdotique et mon désappointement retombé, je me dis que je n’avais qu’à arriver plus tôt, et pour les séances où c’est vraiment impossible (je travaille en banlieue ouest, donc être à 18 h à Bercy, pour avoir une place pour une conférence programmée à 19 h, c’est impossible), tant pis, convenons qu’elles s’adressent à un autre public et tirons-en les conclusions.