2. la note comme unité :

Du fait de la relation au temps des outils de blogging, relation qui se caractérise par la rapidité et l’éphémère (je me répète...), il s’ensuit qu’a priori une note est un tout n’appelant pas qu’on y travaille pendant des semaines : c’est un texte qui se suffit à lui-même, une ou plusieurs photos. Evidemment on peut publier une série de notes sur un même sujet et constituer ainsi un ensemble ; même chose pour une série de photos. Mais cela reste délimité dans le temps.

La conséquence de cela est que faire un autre choix dans lequel la note n’est pas un élément ponctuel et/ou unitaire impose d’aller contre l’outil.

Je ne connais pas de cas de publication (par blog) de quelque chose de long à produire et qui serait mis en ligne par petits bouts au fur et à mesure de sa génération ou de son écriture (si texte). Cette façon de procéder impliquerait de montrer les étapes intermédiaires au fur et à mesure de la fabrication. A moins d’attendre d’avoir le tout pour procéder à la fin à une mise en ligne par morceaux mais dans ce cas autant choisir un autre outil de publication qu’un blog.

La solution qui consiste à montrer les étapes intermédiaires est assez intéressante et mérite qu’on s’y arrête. Elle paraît excitante pour son côté expérimental et de plus me semble bien en accord avec le medium (internet, les réseaux et outils numériques…) dont une caractéristique importante est d’être incrémental ; caractéristique induite par son origine à savoir la machine informatique, le numérique, en un mot le calcul. J’entends expérimental au sens premier, en ce sens où la mise en ligne porte sur des parties élémentaires d’un tout dont on ne sait pas ce qu’il sera ni où il mènera. C’est donc une expérience en direct. Et c’est particulièrement en accord avec le medium numérique parce que ce dernier est celui du work in progress par excellence (work in progress étant le mot « grand public » pour incrémental, finalement).

Notons au passage que c’est ce que j’ai voulu faire avec l’objet que j’appelle Cotation autonome en continu, mais on peut remarquer que cet objet n’est toujours pas terminé ; ce qui rend l’exposition des étapes intermédiaires particulièrement incompréhensible.

Je dois reconnaître qu’a priori cette solution ne me convient pas bien, car je n’aime pas montrer les phases d’élaboration mais plutôt un résultat terminé (d’autant plus que je ne sais jamais si j’irai jusqu’au bout, alors c’est un peu périlleux – cf Cotation Autonome en Continu qui est en panne). Je me « force » mais la démarche ne m’est pas si naturelle.

Le risque de ne pas finir est inhérent au principe. Un autre risque étant aussi que l’objet en construction reste mystérieux et produise ainsi un effet-repoussoir (risque d’autisme ?). A la réflexion ce risque-là serait plutôt pour me séduire. Les choses ne devant pas être trop évidentes ou se donner trop vite, dans mon idée.